Bilbo

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Prochainement

- "Don't be alone, Doctor" : les femmes de Doctor Who

- Penny Dreadful : une nouvelle ligue de héros extraordinaires

- Tolkien et les forêts de la Terre du Milieu

- Les gentlemen en tous genres (ou pas) des sœurs Brontë

- Field of Dreams : des rêves et des hommes

- Une touche de Jane Eyre et une pincée des Hauts de Hurlevent dans la recette du Jardin Secret

- Les héroïnes en tous genres de Jane Austen

NB : Le référencement des illustrations est en cours... mais ça risque de prendre un peu de temps !

The translation of some articles into English is in progress and will soon be available.

jeudi 19 juin 2014

Oh let him be my Teddy Wolf !



Les loups et la lune

On peut retracer l’origine des histoires de loups-garous et de lycanthropie jusqu’à la Grèce Antique. Zeus, dieu des dieux, était connu pour ses métamorphoses animales. Il se transformait pour séduire en secret : il fut un bœuf pour Europe, un cygne pour Léda etc.
Sa forme de loup lui valut l’honneur d’un culte à part entière et le roi d’Arcadie, Lycaon, lui fit élever un temple. Pour le remercier, Zeus descend du royaume des dieux pour partager un repas en sa compagnie. Mais, sans l’en avertir, Lycaon lui sert de la chair humaine - celle d’un esclave ou de son dernier-né, l’histoire ne le dit pas. Insulté, Zeus punit Lycaon en le transformant en loup. Sous cette forme, il sera condamné à chasser sans jamais pouvoir assouvir sa faim. Et toujours, il se rappellera de ce qu’il était jadis : un homme.
Lycaon se retrouve alors enfermé dans la peau d’un monstre sans pouvoir en accepter la monstruosité. Ainsi, il inspire à la fois crainte et compassion. Maudit, il devient un bourreau victime de sa brutalité.
Rien ne lie encore les loups-garous à la lune. En revanche, un autre personnage mythologique est connu pour se changer en loup : Léto revêt cette forme pour donner naissance à ses jumeaux Apollon et Artémis. Ce don de transformation, elle le transmet à sa fille Artémis, déesse de la lune… Mais, c’est surtout au Moyen Âge que loups-garous et phases lunaires deviennent indissociables. On dit que les hommes frappés de cette malédiction se transforment lors des crépuscules des soirs de pleine lune, nouvelle lune et lune rousse.
L’origine de la lycanthropie est diverse mais toujours associée au diable, les hommes doués de cette mutation ne sont pas des êtres recommandables. Un homme peut devenir loup-garou en s’abreuvant à la même source que les loups ou encore en buvant l’eau retenue dans leurs empreintes. D’autres ont recours à un rituel compliqué pour obtenir cette faculté. Les derniers relèvent des maudits, ceux qui subissent les conséquences des erreurs de leurs parents : les enfants du péché, nés des amours interdits des prêtres et des nonnes, par exemple. D’autres subissent la fatalité : ils sont les septièmes fils d’une fratrie ou encore naissent avec un embryon de queue au coccyx.
Mais pour d’autres encore, la transformation n’est pas liée aux phases de la lune mais à la volonté de l’individu. L’esprit de l’homme prend possession du corps d’un loup durant une période. Pendant ce temps, son corps humain ne doit pas être déplacé pour qu’il puisse le retrouver et redevenir lui-même.
Les signes pour reconnaître un loup-garou sont les suivants : des sourcils épais se rejoignant en un seul - à la façon des vampires - une forte pilosité et notamment au niveau du dos et des paumes, ils ont les oreilles positionnées assez bas sur la tête, les yeux injectés de sang et les ongles rougeâtres, dû à leurs activités sanglantes…
La lycanthropie était prise très au sérieux et fit même l’objet de régulations. En 1682, son statut change après un édit du roi Louis XIV proclamant la lycanthropie comme une maladie et non une forme de possession diabolique. On parle alors des lunatiques. Le mot demeure encore aujourd’hui et désigne les personnes d’humeur changeante. Ces changements d’humeur iraient-ils de pair avec les phases lunaires ? En anglais ‘lunatic’ veut simplement dire ‘fou’.
Dans le folklore moderne, tout ceci a été simplifié. Les loups-garous se transforment lors de la pleine lune et la lycanthropie se transmet par morsure (ex : Remus Lupin dans Harry Potter de J.K. Rowling). Le résultat de la transformation est alors une créature hybride mi-homme, mi-loup. Autrement, la lycanthropie est héréditaire, elle est dans les gènes, et la transformation est alors complète : l’homme devient un loup (ex : la famille Lockwood dans The Vampire Diaries, les meutes familiales de True Blood ou encore la tribu indienne de Twilight). Dans ces trois derniers exemples, les loups-garous sont associés aux vampires comme des ennemis ancestraux. C’est également le cas dans les films Underworld, dans lesquels on y fait référence comme des ‘lycans’. Parfois, la morsure du loup y est fatale aux vampires (The Vampire Diaries) mais surtout : où il y a vampires, il y a loups-garous. Au milieu de tout ça, on retrouve tout de même un cas de mutation par possession psychique : celui de Bran et de son loup Summer dans A Song of Ice and Fire de George R. R. Martin. Mais si on retrouve ce cas de figure dans les vieilles légendes, ce n’est aujourd’hui guère considéré comme une manifestation de lycanthropie.
 

“Le Petit Chaperon Rouge”

Comme de coutume, il existe plusieurs versions de ce conte. Il est d’abord oral et serait déjà raconté au XIème siècle. Dans ces premières versions, le loup mange la grand-mère et cuisine le reste dans l’intention de le donner au Petit Chaperon Rouge. Puis, en 1698, vient la version du français Charles Perrault publiée dans Les Contes de ma mère l’Oye. Dans cette version, pas de happy end… le loup mange la grand-mère et, se faisant ensuite passer pour elle, attire le Petit Chaperon Rouge et la dévore à son tour.
En 1812, c’est au tour des allemands, les frères Jacob et Wilhelm Grimm de publier leur version dans Les Contes de l’enfance et du foyer. Celle-ci est plus gentille avec la grand-mère et sa petite-fille. Si elles se font également avalées, elles sont par la suite sauvées par un chasseur qui ouvre le ventre du loup aux ciseaux, leur permettant d’en sortir. Une petite suite est parfois ajoutée dans laquelle le Chaperon Rouge et sa grand-mère, fortes de leur précédente expérience, piègent un deuxième loup qui voudrait bien faire d’elles son prochain repas.
Pas de loup-garou dans le conte originel… bien que le fait que le loup s’exprime dans notre langue le rapproche de l’humain. Cela dit, il n’est pas rare qu’on donne la parole aux animaux dans les contes ! En revanche, il y a aussi transformation puisque le loup se travestit en revêtant les habits de la grand-mère. Les loups-garous transformés sont dangereux pour les hommes, et, dans la même idée mais en sens inverse, le loup se déguise en humain pour pouvoir se repaître d’une petite fille.
D’ailleurs, avec cet enthousiasme pour le fantastique, des adaptations récentes du conte ont franchi le pas et fait du loup un loup-garou, permettant à ce prédateur de se cacher parmi les hommes (Le Chaperon Rouge de Catherine Hardwicke avec Amanda Seyfried dans le rôle-titre). Dans une autre version, on en fait la victime d’une malédiction puisque le loup ne contrôle pas sa transformation et ne se souvient de rien une fois redevenu humain - il n’a pas conscience de sa condition (Once Upon A Time, épisode 1x15 ‘Red-Handed’).
Quelque soient les versions, adaptations, la notion de prédateur attachée au loup demeure. Le conte fait plus particulièrement référence à une prédation sexuelle. Le loup est une figure masculine face à celle de petite fille du Petit Chaperon Rouge. D’abord charmeur, il devient prédateur et la trompe dans le but de la dévorer après l’avoir attiré dans le lit alors qu’il est déguisé en grand-mère. A travers la figure du loup, on révèle les vices de l’homme… et n’est-ce pas aussi ce que fait la figure du loup-garou ?
Selon Bruno Bettelheim et sa Psychologie des contes de fées, quand elle rencontre le loup dans la forêt, le Petit Chaperon Rouge est prise entre deux feux. Sa mère d’une part qui lui intime l’ordre de ne pas s’éloigner du sentier, et le loup d’autre part qui l’en détourne en lui contant les beautés du sous-bois. Comme l’explique Vladimir Propp dans sa Morphologie du conte, c’est la violation de cette interdiction qui met en route les événements du conte. En quittant le sentier, le Petit Chaperon Rouge permet au loup d’arriver avant elle chez sa grand-mère, de l’avaler et de revêtir ses vêtement pour attendre sa deuxième victime.
Aussi, et toujours selon Bettelheim, le rouge renvoie aux émotions violentes et en particulier à la sexualité. Le chaperon rouge serait donc le signe du pouvoir de séduction mais on appelle bien l’héroïne ‘Petit Chaperon Rouge’ pour nous rappeler qu’elle n’est qu’une enfant et qu’elle est trop petite “pour faire face à ce que symbolise le petit bonnet rouge”. Le loup, en revanche, n’en a cure… Mais chez les frères Grimm, il est opposé à une autre figure masculine : le chasseur, figure paternelle qui sauve le Petit Chaperon Rouge et lui permet de renaître plus mature et forte de ses erreurs passés comme l’indique la petite suite dans laquelle elle tend un piège à un autre loup.



Deux loups pour un Grimm


C’est la citation qui ouvre l’épisode pilote de la série Grimm. Dans ce pilote, nous faisons la connaissance de Nick qui commence à voir des choses étranges autour de lui. Les visages des gens changent sous ses yeux en ceux de créatures monstrueuses : harpies, ogres, loups… Il découvre alors qu’il est un Grimm, un descendants des frères Grimm dont les histoires ne sont pas que des contes de fées. Il peut voir les créatures qui se cachent sous une apparence humaine pour ce qu’elles sont réellement. Dans le même temps, Nick et son équipier Hank enquêtent sur le meurtre d’une jeune femme retrouvée dans un parc. La jeune femme était partie faire un jogging vêtue d’un sweat à capuche rouge… Bien vite, vient s’ajouter au tableau la disparition d’une enfant, elle aussi vêtue de rouge alors qu’elle se rendait chez son grand-père… ça ne vous rappelle rien ?
Hank et Nick suivent alors le chemin qu’aurait dû emprunter la petite jusqu’à ce que Hank fasse remarquer qu’il prenait des raccourcis étant petit... Et maintenant ? Les deux policiers s’enfoncent alors dans les bois et débouchent sur une rue devant la maison d’un homme : Monroe. Mais, alors que ce dernier prend son courrier, des enfants passent dans la rue et Nick voit sont visage prendre l’aspect de celui d’un loup.
Encore peu habitué à ses nouveaux pouvoirs de Grimm, Nick voit là la preuve qu’il s’agit de leur coupable mais Hank lui assure qu’ils n’ont rien pour l’inculper. Alors, la nuit, Nick se rend de nouveau chez Monroe. Celui-ci lui révèle qu’il est un blutbad, un “grand méchant loup” pour les ancêtres de Nick. Mais il lui assure qu’il s’est rangé et n’attaque plus personne. Nick lui demande donc de l’aider à retrouver la petite fille disparue et Monroe finit par accepter. Il retrouve la piste de l’enfant et elle les conduit jusqu’à une cabane dans la forêt. Monroe ne veut pas se mêler davantage à l’histoire et s’en va alors que Nick appelle Hank en renfort - bien qu’il soit incapable de lui donner une explication quant à la piste à explorer. La cabane est habité par un homme seul. Et, si de premier abord rien ne leur permet de le désigner coupable, Hank remarque en quittant les lieux que l’homme sifflait l’air joué par l’iPod de leur victime. Ils retournent donc dans la maison et sont attaqués par l’homme. Nick voit qu’il est bien lui aussi blutbad et tire. L’homme meurt avant de leur dire où est la petite mais Nick trouve une trappe menant à un sous-sol et libère l’enfant.


Monroe, le loup et l’agneau

SPOILER ALERT
Cet article prend en compte les quatre saisons de Grimm


Aux loups féroces anonymes

On l’apprend dès le premier épisode, Monroe n’a pas toujours été le loup végétarien qu’il est aujourd’hui. A mesure que les spectateurs apprennent à le connaître, un peu plus de son passé est révélé. On apprend par exemple qu’il vient d’une famille très traditionnelle dont les membres sont intraitables sur certains points comme, par exemple, le mélange entre les ‘races’ de Wesen. Quant à fréquenter un Grimm, n’en parlons pas ! Ainsi, on imagine que Monroe grandit avec l’idée qu’être un prédateur est normal, que c’est dans la nature des choses. A plusieurs reprises, lorsqu’il raconte des histoires à Nick, il reconnaît franchement, ou à demi-mots, qu’il a été violent. Par exemple, il parle de son ancienne petite-amie du lycée qui l’a quitté pour un Klaustreich, Wesen connus pour être des brutes, et qui la battait. Quand Nick demande si la police l’a retrouvé, Monroe répond : "The police didn’t, but somebody did !" En d’autres termes : il s’est occupé lui-même de son cas...

A un certain point, nous faisons la connaissance d’Angelina, Blutbad elle aussi. Elle et ses frères étaient les compagnons de chasse de Monroe avant qu’il ne se range. Quand elle revient pour venger l’assassinat de ses frères par des Baueuerschwein (cochons), Monroe rechute et quelques lapins trinquent. Cependant, il refuse de se mêler à la guerilla entre Baueuerschwein et Blutbad – ce qui ne sera pas toujours le cas. Pour autant, ce ne sera pas la dernière fois que l’on verra Angelina. Approchée pour tuer Monroe, elle accepte le contrat dans le but de le mettre en garde et, avec l’aide de Nick, tendre un piège aux commanditaires. Malheureusement, Angelina ne s’en sortira pas et Monroe s’attaquera à son meurtrier de manière impitoyable. Puis, il enterrera sa vieille amie à la façon des Blutbad, en hurlant à la mort, et lui laissera sa montre après l’avoir brisée sur sa tombe – tendre geste lorsque l’on connaît l’amour de Monroe pour les montres et les horloges. 

Quand à la guerilla entre Blutbad et Baueuerschwein, elle prend un nouveau tour quand un Baueuerschwein chef de restaurant se met à empoisonner ses clients Blutbad, causant l’explosion de leur estomac. L’une des victimes est un ami de Monroe qui, comme lui, a laissé derrière lui sa nature de chasseur. Cette fois, Monroe ne restera pas en dehors de ça et, s’il n’y avait eu Nick, il aurait probablement fait justice lui-même. Au lieu de ça, lui, Nick et plusieurs autres Blutbad tendent un traquenard au Baeuerschwein pour l’obliger à avouer son crime à la police.

En règle générale, si Monroe est dans une position où il doit protéger quelqu’un, il oublie ses principes de non-violence, même lorsqu’il s’agit de protéger la tante de Nick à l’hôpital alors qu’ils se connaissent à peine et qu’elle est elle-aussi une Grimm. Il a fait une promesse alors quand les problèmes se présentent à l'hôpital sous la formes d'assassin, Monroe les prend à bras le corps - littéralement !

Ainsi, par petites touches, on voit chez Monroe la violence qui caractérise les loups-garous. Cependant, maintenant qu’il a arrêté ses activités de prédateur, ses rechutes – quand il y a rechutes – sont émotionnelles, instinctives pour venger, protéger les siens. Ce n’est jamais gratuit. Bien que Monroe puisse se transformer à volonté, il reconnaît que les nuits de pleine lune sont pour lui plus difficiles (2x03), ce qui le rapproche de la figure classique du loup-garou. Mais le contrôle a ses avantages et peut servir à effrayer les sales gosses les soirs d’Halloween !



Consultant du policier, bras droit et ami du Grimm
On ne peut pas dire que Nick et Monroe partent du bon pied puisque le deuxième est accusé de meurtre par le premier sur le seul critère de ce qu’il est : un Blutbad. Nick reconnaît son erreur et retournera consulter Monroe lors de ses prochaines enquêtes impliquant des Wesen. Monroe est en effet le seul avec qui il peut discuter de la question. Et, puisque les livres reçus par Nick en héritage sont en partie rédigés en allemand, Monroe lui sert également de traducteur. Il est aussi profiler : il connaît les Wesen et leur nature et peut guider Nick dans ses recherches. En fait, Monroe est pour le policier qu’est Nick un consultant ; personnage que l’on retrouve dans beaucoup de séries actuelles sous différents visages : l’anthropologue (Bones), le tritureur de cervelle (Mentalist), l’écrivain (Castle) ou encore le faussaire (FBI : duo très spécial) sans oublier l'un de ceux par qui tout a commencé : le médecin, en la personne du Dr Watson, collègue du célèbre Sherlock Holmes. Ceci donne lieu à des situations comiques puisque Monroe s’implique dans les enquêtes, joue les infiltrés sous couverture etc. : tout ce que Nick ne peut faire avec Hank. Monroe est l’autre équipier comme la maîtresse est à l’épouse ‘l’autre femme’ !

Mais bien vite, leur relation va plus loin que la seule association. Alors qu’il est hospitalisé et que Hank est en danger aux mains d’un ogre, Nick confie les clés de la caravane à Monroe et celui-ci s’y rend pour la première fois – dans le but de récupérer une arme qui pourra neutraliser l’ogre. Il existe maintenant entre eux une confiance certaine. D’ailleurs, les deux hommes, maintenant amis, se battent l’un pour l’autre. Nick se jette littéralement dans la fosse aux lions pour sauver Monroe d’un cirque de Wesen où il a atterrit par sa faute. Dans l’épisode 1x09, on voit Monroe tomber dans un piège et se faire battre au sang par des Reapers pour le mettre en garde : sa relation avec un Grimm n’est pas appréciée. Mais, quand Nick voyant son visage tuméfié, lui promet qu’il ne l’impliquera plus dans ses histoires, Monroe refuse qu’il en soit ainsi et exprime le souhait de continuer à l’aider. La relation devient si fusionnelle que Monroe en est jaloux quand Nick appelle Rosalee pour des conseils plutôt que lui !
A un certain point, leur relation prend encore un nouveau tour quand ils deviennent colocataires. On les voit alors devenir un véritable vieux couple ! D'autres Wesen s'ajoutent à leurs amis et le groupe s'élargit peu importe qui est quoi, ils sont simplement des hommes et c'est ensemble qu'ils regardent le foot une bière à la main !

Enfin, tous deux affrontent des situations de vie ou de mort tous les jours ou presque et puis c’est en aidant Nick que Monroe rencontre Rosalee alors il est tout naturel qu’il le choisisse pour témoin de mariage. Tout ce qu’il aura à faire c’est porter des lunettes afin que les autres Wesen ne sachent pas qu’il est un Grimm – ça ferait désordre !
La relation entre Nick et Monroe met fin à des siècles d'inimitié entre deux espèces. Fut un temps, et pour beaucoup encore aujourd'hui - comme les parents de Monroe au début - ces deux personnages n'auraient j'amais dû être amis. Ils sont le Grimm et le Blutbad, le chasseur et le loup, et pourtant !


Cœur en or et pattes de velours
L’altruisme de Monroe est mie en lumière dès l’épisode 1x07 lorsqu’il se joint à Nick pour venir en aide à une jeune Blutbad se cachant dans la forêt. Kidnappée alors qu’elle était petite, elle s’est échappée et est restée cachée dans la forêt depuis ce jour, loin de toute forme de civilisation. Leur nature commune va aider Monroe à gagner sa confiance et il s’attache vite à la jeune fille, faisant tout pour la sortir de sa situation.

On l’a vu, Monroe n’est pas un loup comme les autres et sa propension à jouer paisiblement du violoncelle,
collectionner bien trop d’horloges et de coucous, décorer avec excès sa maison à chaque fête de Noël ou d’Halloween et rouler dans sa coccinelle jaune soleil lui donne un côté pépère ! Mais quand il le faut, ceci n’empêche pas Monroe de devenir un véritable héros, comme on en trouve dans les contes de fées ! Il abat un ogre qui aurait massacré Hank sans son intervention. Il s’engouffre dans l’antre d’un dragon pour secourir Juliette à qui l’on fait jouer le rôle de la princesse en détresse ! L’évolution de sa relation avec Juliette est amusante. D’abord, la situation est un peu bancale. Lorsqu’il la sauve, il se présente comme un détective privé et quand elle l’invite à dîner chez elle et Nick pour le remercier, il est bien incapable d’expliquer sincèrement comment tous deux se sont rencontrés ! Mais pendant la période amnésique de Juliette, durant laquelle tous souvenirs de Nick lui ont été enlevés, elle se souvient de Monroe et c’est vers lui qu’elle se tourne pour réapprendre à connaître Nick et pour confier ses doutes et ses peurs. Plus tard, une fois les choses rentrées dans l’ordre, les rôles s’inversent et elle aide Monroe à installer ses décorations de Noël pour surprendre Rosalee.
Le personnage de Rosalee arrive au cours de la première saison. Tous deux se rencontrent pendant l’enquête sur le meurtre du frère de Rosalee. Comme lui, elle s’implique dans l’enquête et en profite même pour lui sauver la vie ! Et, quand Monroe lui amène des fleurs pour la remercier, elle lui apprend qu’elle va reprendre la boutique de son frère et rester à Portland. Ils deviennent amis. Il l’aide à remettre le magasin en ordre, tient la boutique lorsqu’elle doit s’absenter. Bien qu’il y ait toujours des contretemps, leur relation devient sérieuse et ils finissent par emménager ensemble à la demande maladroite de Monroe dans son éternel gilet et nœud papillon ! Puis, ce sera la demande en mariage, la bague dissimulée dans un coucou – évidemment !
Pour autant, la vie est loin d’être un long fleuve tranquille. Monroe est obligé de couper les ponts avec ses parents qui au début n’acceptent pas la Fuchsbau qu’est Rosalee. Sans parler des enquêtes de Nick, ses problèmes de Grimm, ou encore ceux du Conseil des Wesen ou de la Résistance !
Par sa singularité, Monroe est sans doute le personnage le plus attachant de Grimm. Il est profondément gentil. Il est tout – ou presque – sauf ce qu’on attend d’une figure de loup-garou, un peu à la manière de Remus Lupin dans Harry Potter, lui aussi un personnage particulièrement apprécié des fans et le préféré de J.K. Rowling.

Cependant, la vie bien rangée de Monroe était amusante en contraste avec les péripéties que lui attiraient sa relation avec Nick. Aujourd’hui que Hank est au courant de tout ce qui concerne Grimm et Wesen, Nick n’a plus besoin d’avoir les mêmes secrets pour lui et Monroe est moins sollicité qu’avant. Espérons que ça change !



















Sources primaires :
GRIMM, Jacob et Wilhelm, "Le Petit Chaperon Rouge" in Contes de l'enfance et du foyer
PERRAULT, Charles, "Le Petit Chaperon Rouge" in Les Contes de ma mère l'Oye 

Sources secondaires :
BETTELHEIM, Bruno, La Psychanalyse des contes de fées
BRASEY, Edouard, Le Grimoire des loups-garous
BRASEY, Edouard, La Petite Encyclopédie du merveilleux
PROPP, Vladimir, La Morphologie du conte

mardi 10 juin 2014

Coup de gueule et foutage de gueule en Terre du Milieu

Entre 2001 et 2003, nous avons eu droit à une adaptation du Seigneur des Anneaux par Peter Jackson et son équipe. Aujourd'hui, dix ans plus tard, c'est au tour du Hobbit d'apparaître sur les écrans.
Je me souviens de mon enthousiasme à cette nouvelle, de mon soulagement quand j'ai appris que Peter Jackson et la même équipe seraient aux commandes. "Bilbo ! Bilbo ! Bilbo !" que je m'exclamais en sautillant avant de me rendre au cinéma. Mais le soufflé de mon enthousiasme est retombé.
An Unexpected Story
Comme mon cher Bilbo part pour un voyage inattendu, je suis moi-même entraînée dans une histoire que je ne connais pas malgré le fait que j'ai lu le roman plus d'une fois.
Alors que le début du film est relativement proche de celui du livre - la rencontre avec Gandalf, par exemple - une fois la compagnie en route, tout bascule avec l'arrivée d'Azog et sa troupe d'orques (Azog qui soit-dit-en-passant est censé être mort à l'époque des événements du Hobbit).
Ces derniers deviennent les antagonistes principaux de l'histoire et viennent hanter l'écran bien trop souvent à mon goût. Plus énervant encore, je comprends à la fin de ce premier film qu'ils seront présents tout au long de la trilogie. Ils piquent même le rôle des gobelins censés poursuivre la compagnie avant qu'elle ne soit secourue par les aigles ! Faut pas abuser !
La trame concernant Dol Guldur et le Nécromancien avait été annoncée et je trouvais intéressant d'explorer les aventures de Gandalf hors de la compagnie et le retour de Sauron au pouvoir avant les événements du Seigneur des Anneaux. Mais là encore ça part un tantinet en vrille. Jackson & Co profite de l'occasion pour nous présenter Radagast - et pourquoi pas - mais ils ne l'ont pas loupé... la fiente sur le visage est un peu too much... le traîneau mené par les lapins aussi....
Et le plus triste dans tout ça, c'est qu'on oublie trop souvent de se focaliser sur Bilbo, le hobbit - vous savez, celui qui donne son nom au film. Heureusement, Martin Freeman fait un hobbit attachant et il y a Golllum et la scène des énigmes dans le noir pour nous rappeler quelle histoire on est allés voir...

The Desolation of Solveig

Rien ne s'arrange avec la deuxième partie de l'aventure. Mon cher Teddy Beorn devient un personnage sombre qui n'aide la compagnie que parce qu'il déteste les orques plus qu'il ne déteste les nains et parce qu'Azog est responsable de l'extinction des siens - encore lui, seriously ?!
Mais ceci n'est pas grand chose face à l'invention de ce qui, je le crains, devindra une tragique histoire d'amour entre l'elfe Tauriel et le nain Kili... Où va-t-on, mais où va-t-on ?

Je ne suis pas bien sûre non plus de comprendre ce qui se passe avec le visage de Thranduil. Est-ce que la soudaine transformation de ses traits est censée illustrer la mal du dragon lui faisant ardemment désirer le trésor sous la montagne ? Souffre-t-il d'une rare et étrange forme d'urticaire ? À vous de voir car la seule explication qu'on ait est : "Do not talk to me about dragon fire!"
Et Legolas... J'étais contente de le retrouver même si ses phrases cultes manquent ici. Par contre les prouesses physiques sont bien là... mais encore une fois on tombe dans le too much quand il tire sur les orques en équilibre sur les têtes des nains descendant la rivière dans leurs tonneaux. Même l'oliphant était plus crédible !

Heureusement il y a Smaug même si j'aurais aimé que son entretien avec Bilbo s'en tienne davantage à celui du livre. Dommage aussi que la voix de Benedict Cumberbatch disparaisse trop souvent dans le traitement sonore...



There and Back Again, or is it ?

Je comprends le désir de profiter d'un tel filon en or et de vouloir en tirer un maximum de films et donc d'argent mais pourquoi le faire au détriment de l’œuvre ? Je comprends aussi que pour faire trois films quand deux auraient amplement suffit, même en ajoutant les aventures de Gandalf, il faut encore ajouter des éléments.
Le problème c'est qu'on alterne maintenant entre ajouts sans intérêt (l'idylle Tauriel-Kili) et raccourcis regrettables (Beorn) et qu'en chemin, on perd énormément en qualité. On a l'impression qu'on a voulu en faire une trilogie plus sombre pour se rapprocher du Seigneur des Anneaux qui doit lui faire suite mais, paradoxalement, on tombe bien souvent dans le ridicule... Quitte à se lancer là-dedans, il aurait fallu jouer à fond cette carte et prendre le sujet au sérieux. Au lieu de ça on en vient presque à se demander si ces adaptations ne sont pas des attaques contre les fans de Tolkien.
Jackson & Co on l'air de se servir du Hobbit pour faire ce qu'ils n'ont pas pu faire avec Le Seigneur des Anneaux, par exemple : l'idée de la Arwen guerrière se réalise en partie avec Tauriel.

J'avais attendu ces films tellement longtemps, leur trouvant toutes les excuses possibles pour défendre leurs choix mais c'est devenu impossible ...
Alors je m'en contente pour avoir ma dose de fantasy et parce qu'une infime partie de Terre du Milieu vaut mieux que pas du tout mais j'ai arrêté d'en attendre quoi que ce soit en tant qu'adaptation... je sais où aller pour retrouver mon hobbit : ma bibliothèque !
À quoi s'attendre pour le dernier chapitre ? J'ai envie de vous dire : de la baston (attaque de Smaug), de la baston (Dol Guldur) et de la baston (bataille des cinq armées) ! Peut-être même pourra-t-on y ajouter encore un peu de baston façon Capulet versus Montaigu pour prolonger l'idylle de Tauriel et Kili ... Allez savoir !
D'ailleurs le titre "There and Back Again" a été remplacé par "The Battle of Five Armies". En même temps, il ne reste plus que ça ! Et on va faire 2h30 de film avec un seul chapitre du roman durant lequel Bilbo est assommé par une pierre et ne voit même pas le déroulement de la bataille ! Bref...

vendredi 20 septembre 2013

Final Fantasy X ou le péché de Spira


Quand notre histoire commence, cela fait déjà 1000 ans que Sin terrorise Spira et ses habitants. On dit que cette créature monstrueuse est le fléau de ces peuples qui ont trop longtemps vécu en se reposant sur leurs machines. Aujourd’hui, elles sont bannies et tous suivent les préceptes de Yevon pour se racheter mais Sin est toujours là... Seule la caste des Invoqueurs peut apporter un peu de répit à ce monde en éliminant Sin momentanément. Mais, inlassablement, celui-ci finit toujours par revenir à la charge. 
Notre histoire commence à Zanarkand avec Tidus, jeune et talentueux joueur de Blitzball, quand Sin arrive et détruit la ville. Alors en compagnie d'Auron, Tidus est envoyé vers Spira par Sin tandis qu'Auron lui souffle : "This is it. This is your story." Quand nous récupérons Tidus, il est seul et perdu dans un monde qu'il ne connaît pas. Seul, il ne va pas le rester longtemps et il en apprendra plus sur lui-même qu'il n'aurait jamais pu l'imaginer. Et, en accompagnant Yuna et ses gardiens dans leur pèlerinage, Tidus se lance dans un voyage où le paradoxe est roi.


Entre rédemption et rébellion 
À la merci de Sin, la majeure partie des habitants de Spira s’en remet aux préceptes de Yevon pour les guider. On croit en la mission des Invoqueurs dans l’espoir qu’un jour, l’un d'eux les débarrasse réellement de Sin. Et pourtant, certains se rebellent contre cet ordre établi et ce même parmi les plus dévots. 

Yevonites et Al-Bheds
En arrivant à Besaid, petite île calme et paradisiaque, Tidus se familiarise rapidement avec les coutumes de Spira et notamment avec Yevon, institution politique et religieuse qui régente Spira. Yevon doit guider les habitants de Spira vers la rédemption afin qu'ils rachètent les erreurs du passé et mettent fin à la tyrannie de Sin. Ainsi, les machines ont été bannies et les habitants de Spira sont revenus à un style de vie plus simple, espérant qu'un jour leurs péchés seront pardonnés et leur fléau supprimé.
Yevon et les Invoqueurs, qui représentent l'institution pendant leur voyage,  sont les seuls à donner un peu d'espoir au peuple de Spira. Parmi les gardiens de Yuna, Wakka est celui qui personnifie le mieux les préceptes de Yevon car il se montre particulièrement dévot. Cela s'explique par la perte de son jeune frère qui est mort en combattant Sin auprès des Bannisseurs. Si ces derniers ont le même but que les Invoqueurs et leurs gardiens, ils n'utilisent pas les mêmes moyens et se servent d'armes bannies pour combattre le monstre. Persuadé que ce choix a coûté la vie à son frère, Wakka se refuse à faire un pas en dehors du dogme de Yevon.
Mais les Bannisseurs ne sont pas les seuls rebelles de Spira, les Al-Bheds, reconnaissables à leurs iris vert en spirales, ne suivent pas les préceptes de Yevon. Ils utilisent encore des machines et sabotent les pèlerinages entrepris en enlevant les Invoqueurs. Dès le début du voyage de Yuna on la met en garde contre ces étranges disparitions et dans la Forêt de Macalania, le groupe croise le gardien d'un autre Invoqueur, Donna, affolé parce qu'il n'a pas réussi à la protéger. A Luca, Yuna aussi se fait enlever. Mais l'on apprend que Yuna elle-même est à moitié Al-Bhed, chose que l'on avait caché à Wakka à cause de son intolérance envers le peuple rebelle ! Ainsi, après une autre tentative éconduite sur le fleuve Sélénos, Rikku, cousine de Yuna et Al-Bhed, se joint au groupe des gardiens dans l'espoir d'aider sa cousine. 

Protéger pour laisser mourir
Pour apporter un peu de répit au peuple de Spira, il n’y a donc – aux yeux de Yevon – que la caste des Invoqueurs. Ces derniers parcourent Spira  et en visitent les temples pour s’octroyer les faveurs des Chimères, de puissants créatures. Au bout de leur voyage, le dernier temple : celui de Zanarkand, et l’Ultime Chimère qui doit leur permettre de vaincre Sin et d’apporter à Spira et à son peuple une période de répit : la Félicité. 
Seulement, la route des temples jusqu’à Zanarkand n’est pas sans obstacles et bien des monstres se dressent sur le chemin des Invoqueurs. C’est pourquoi on trouve toujours des gardiens à leurs côtés. Ces derniers ont pour mission d’escorter leur Invoqueur afin qu’il, ou elle, arrive sauf à Zanarkand pour mener sa mission à bien. C’est là que la mission des gardiens se révèle aussi paradoxale que celle des Invoqueurs est funeste.
En effet, Tidus l’apprend alors qu’il se trouve au refuge des Al-Bheds avec les Invoqueurs disparus, invoquer l’Ultime Chimère revient au sacrifice de l’Invoqueur car il y laissera la vie tant l’effort demandé est grand. Tidus comprend enfin pourquoi Yuna passait tant de temps à admirer les endroits qu’elle quittait ; elle ne devait plus jamais les revoir. Mais ce qu’il ne comprend pas c’est que ses gardiens n’essaient pas de la faire changer d’avis. Après tout, leur rôle est de la protéger. Quel intérêt de lui sauver la vie seulement pour qu’elle puisse mourir plus tard ? Lulu et Wakka disent que Yuna est comme une petite sœur pour eux alors comment peuvent-ils la laisser marcher vers sa mort ? À partir de cet épisode dans le désert de Sanubia, Tidus n’en démordra pas, il trouvera un moyen d’épargner Yuna et il trouve en Rikku une alliée fidèle. Ce sont en effet les Al-Bheds qui enlevaient les Invoqueurs durant leur pèlerinage afin de leur sauver la vie, refusant qu'ils se sacrifient au nom des faux espoirs vendus par Yevon. Et, au fil du pèlerinage et des découvertes, ce sont tous les gardiens de Yuna et Yuna elle-même qui se rebellent contre l’ordre établi.

Entre passé et présent 
Coincée entre rédemption et rébellion, Spira l’est aussi entre passé et présent. C’est par le passé que Yevon, et par extension la population, expliquent le présent et ce qu’ils subissent depuis 1000 ans. Sin revient sans cesse semblant refuser tout futur à ce monde qui reste coincé entre le passé et le présent. 

Il  y a 1000 ans
Un millénaire avant que notre histoire ne se déroule, c’est là que tout a commencé. Il y avait alors sur Spira deux villes maîtresses : Zanarkand et Bevelle. Les deux s’enferment dans une guerre des machines et, afin d’y mettre un terme, Yu Yevon, un prêtre de Zanarkand, transforme les habitants de la ville en priands dans le but d’invoquer un monstre qui se battrait pour eux : Sin était né. 
Celui-ci devait détruire les machines mais bien vite, Yu Yevon perd le contrôle de sa création et Sin attaque les villes qui détiennent des machines avant de se retourner contre Zanarkand elle-même et de petits villages. C’est alors que la fille de Yu Yevon, Yunalesca, crée l’Ultime Chimère, la seule assez puissante pour détruire Sin. Son mari, le seigneur Zaon, se sacrifie pour devenir le priand de cette Ultime Chimère. Et, depuis 1000 ans, les Invoqueurs se succèdent pour invoquer l’Ultime Chimère et mettre un terme provisoire au règne de terreur de Sin.

Mais, Yevon ment au peuple de Spira et lui cache une partie de l’histoire ; la plus importante en fait. Quand Yuna et ses gardiens se présentent devant Yunalesca, tout devient clair et nos héros n’en croient pas leurs oreilles mais Auron, dont c’est le deuxième pèlerinage, confirme. Un gardien doit se sacrifier et devenir le priand qui permettra à son Invoqueur d’invoquer l’Ultime Chimère pour affronter Sin. Invoquer l’Ultime Chimère est donc synonyme de mort non pas  pour une personne mais pour deux : l’Invoqueur et l’un de ses gardiens. Le gardien sacrifié devient l’Ultime Chimère et en vainquant Sin, il prive Yu Yevon de son habitat, c’est ainsi que Sin est détruit. Mais, Yu Yevon lui vit encore et il se raccroche à cette nouvelle chimère, en fait son hôte et c’est ainsi qu’un nouveau Sin apparaît et que le cycle se perpétue indéfiniment. Ainsi, le cycle de renaissance de Sin représente les sentiments paradoxaux qui habitent Yunalesca, tiraillée entre le désir se soulager le peuple de Spira et celui de venir en aide à son père.
Yevon et Yunalesca sont conscients que ce cycle ne pourra être brisé si l'on poursuit les pèlerinages de la même façon mais ils laissent le peuple croire qu'à chaque fois que Sin est détruit il pourrait ne pas revenir. C'est contre ce faux-espoir et cette trahison que Yuna et ses gardiens se rebellent.

Souvenirs d’un précédent pèlerinage 
Au cours du voyage de Yuna et ses gardiens, le passé se fait concret notamment au travers de sphères mais aussi à cause de la présence d’Auron. En effet, Auron ayant été le gardien de Braska, le père de Yuna, dix auparavant, il joue le rôle d’un témoin du passé. Quant aux sphères, elles sont des enregistrements vidéo qui parsèment la route de Yuna et qui ont été laissées par ces trois précédents pèlerins : Braska, devenu par la suite Grand Invoqueur, Jecht, le père de Tidus lui aussi envoyé sur Spira, et Auron, qui après avoir protégé le père s’engage à protéger la fille en rejoignant Yuna et son équipe à Luca. Les sphères ont parfois été enregistrées par Jecht, parfois par Auron, et aussi par Braska mais toutes nous donnent un aperçu de ce précédent pèlerinage qui s’est conclu par une nouvelle défaite de Sin.
Cependant, ces sphères restent un simple aperçu et c’est par Auron que nous en apprenons le plus car  il sait ce qui les attend pour l’avoir déjà vécu. Dès son retour opportun, alors que le stade de Blitzball est attaqué par des monstres, Auron nous révèle une information de poids : "Sin is Jecht." affirme-t-il posément -comme toujours. Plus tard, Auron nous raconte que Jecht est celui qui s’est sacrifié pour devenir l’Ultime Chimère qui devait permettre à Braska de vaincre Sin. L’Ultime Chimère ayant détruit Sin, Yu Yevon s’accroche à elle et en fait le nouveau Sin. Jecht est donc maintenant Sin et c’est pour mettre fin à sa mission destructrice qu’il a fait venir Tidus sur Spira.

Entre vie et mort 
La mort est le lot quotidien des habitants de Spira depuis l’arrivée de Sin 1000 ans plus tôt. Ils survivent plus qu’ils ne vivent en attendant des jours meilleurs. Mais ils n’ont aucune idée de la mesure dans laquelle la mort est présente.

Des morts errants 
Yevon se moque de ses partisans, leur ment. Il y avait des signes avant-coureurs. D’abord en la personne de Lord Seymour, haut dignitaire de Yevon, dont le comportement est étrange. Par exemple, il soutient les Bannisseurs alors que leur utilisation de machines contre Sin est contraire aux préceptes de Yevon. Selon lui, ils ont le même but mais est-ce vraiment ce qu’il pense ou voit-il dans l’opération des Bannisseurs une bonne occasion de se débarrasser d’eux car leur échec est inévitable ?
Mais, alors qu’il se rapproche volontairement de Yuna, il se révèle peu à peu et il est plus louche encore que ce que l’on pouvait imaginer. En effet, Seymour s’est mis en tête d’épouser Yuna pour donner de la joie au peuple et il se propose d’être pour elle ce que Zaon fut à Yunalesca. En réalité, il veut devenir l'Ultime Chimère de Yuna pour devenir le prochain Sin afin de mettre fin à la souffrance de Spira et de son peuple et selon lui, la seule solution est de détruire complètement Spira. 
Lorsqu’ils sont à Guadosalam, le père défunt de Seymour apparaît, il tente de sortir de l’Au-Delà pour les mettre en garde contre son fils car c’est lui qui l’a tué. Puis, à Macalania quand Seymour s’oppose au groupe, ils s’affrontent et Seymour est vaincu mais Yuna n’a pas le temps de l’envoyer dans l’Au-Delà car ils doivent fuir et Seymour continue d’errer sur Spira, sans que personne ne soit au courant de sa mort. Nous le rencontrons alors encore plusieurs fois et Yuna l’épouse. À Bevelle, ils tenteront de plaider leur cause et de dénoncer Seymour et le fait qu’il est un Errant mais là, ils se rendent compte à quel point Yevon est corrompu puisque plusieurs de ses hauts dignitaires, y compris son dirigeant Monseigneur Mika, sont eux-aussi des Errants ; les vivants sont régis par des morts... 

Auron, gardien d’outre-tombe 
Depuis le début de l’histoire, ou presque, le cas d’Auron est intrigant. Sûr de lui, l’ancien gardien du Seigneur Braska semble en savoir bien plus qu’il n’en dit. C’est lui qui dès son retour révèle à Tidus : "Sin is Jecht" et on se demande ce que cela peut bien vouloir dire. Mais après tout, le fait qu’Auron en sache autant – hormis cette information spécifique – n’est pas très étonnant puisqu’il a déjà effectué ce pèlerinage auparavant. 
Ce qui est plus étrange c’est son attitude face à la mort. En effet, alors que les autres gardiens, ainsi que Yuna, se rendent dans l’Au-Delà pour voir leurs proches décédés, Auron préfère se tenir à l’écart et ne pénètre pas dans cette antichambre de la mort. De plus, Seymour a une réflexion étrange à son égard : "We Guado can smell Farplane." sous-entendant qu’il peut sentir l’odeur de l’Au-Delà sur Auron. Après ces scènes, lorsque le père de Seymour tente de sortir de l’Au-Delà et que Yuna le renvoie, Auron semble ressentir une grande souffrance tombant presque à genoux sous le choc.
Après toutes ces énigmes, la vérité sur Auron est révélée alors qu’ils atteignent le temple de Zanarkand et rencontrent Yunalesca. Là, on apprend que lors de sa précédente entrevue avec Yunalesca aux côtés de Jecht et Braska, Auron n’était pas d’accord avec leurs sacrifices. Jecht et Braska poursuivent tout de même faisant promettre à Auron qu’il veillerait sur Tidus et Yuna. Quand quelques temps plus tard Auron réalise que les sacrifices de ses amis ont encore une fois été en vain, il revient à Zanarkand et attaque Yunalesca. Il est très gravement blessé pendant ce combat mais trouve la force de repartir. À un certain point, il rencontre Khimari et lui transmet sa promesse de veiller sur Yuna puis Auron s’éteint. Mais, personne n’étant là pour l’envoyer dans l’Au-delà, il continue à errer entre Spira et la Zanarkand de Tidus, grâce à Sin – ou Jecht. C’est pour ça qu’il n’a pas été tué par Sin : il était déjà mort. Une question demeure alors : qu’en est-il de Tidus ? Quelle est son excuse à lui ?

Entre rêve et réalité 
Les habitants de Spira doivent se contenter de vivoter en espérant que Sin les oubliera un jour et qu’ils pourront se mettre à vivre pleinement. Mais, quand la réalité est trop dure, reste le rêve… 

Onirique Zanarkand 
Le sort de Tidus est très intimement lié à celui de Zanarkand. Lorsqu’il arrive sur Spira, il apprend que Zanarkand a été détruite 1000 ans auparavant. Et, quand Seymour leur montre la reproduction de Zanarkand avant sa destruction, Tidus reconnaît bien sa Zanarkand. Alors, est-ce que comme il le croit au début, Sin l’a fait voyager dans le futur ? Ça aurait pu si ce n’était pas Final Fantasy ! Car rien n’est jamais simple dans Final Fantasy et en effet le destin de Tidus a des causes bien plus complexes qu’un simple voyage dans le temps !
Comme Sin, tout a commencé 1000 ans plus tôt. Quand Yu Yevon voit Zanarkand en danger face à Bevelle, il fait des derniers habitants de Zanarkand des priands et grâce à eux et leurs souvenirs de la ville invoque une copie de Zanarkand, un rêve. Ce double de Zanarkand se situe au loin sur la mer de Spira et pour la protéger, Yu Yevon invoque Sin. Seulement quand il perd le contrôle de sa créature, celle-ci détruit la Zanarkand originelle.
Pendant les 1000 années qui suivent, toujours incontrôlable, Sin détruit n’importe quelle ville ou village qui se trouve sur son passage mais il continue d’assurer l’autre de ses missions : garder secrète la Zanarkand rêvée par ses anciens habitants devenus priands pour la rendre immortelle.

"And the dreams that have faded..." 
Les scénarios des Final Fantasy sont toujours complexes et il est fort peu probable qu’un joueur ait pu anticiper cette révélation et deviner qui était réellement Tidus. On nous donne pourtant des indices mais tout reste flou jusqu’à ce que l’on nous révèle clairement la nature du jeune gardien. En effet, à plusieurs reprises, Tidus se trouve face à un jeune garçon qui se trouve être le priand de Bahamut et la voix de tous les priands de Spira. C’est lui qui finit par révéler à Tidus la vérité à propos de Zanarkand et de sa copie onirique. Tidus comprend alors qu’il fait partie à part entière du rêve des priands.
Dans le même temps, Tidus comprend que lorsqu’ils auront mis fin au cycle de résurrection de Sin en tuant Yu Yevon plutôt qu’en lui offrant un nouveau corps sur un plateau, le souvenir de Zanarkand s’effondrera, le rêve s’évanouira et Tidus avec lui. Pourtant, il n’en révèle rien à Yuna et ses compagnons de voyage et ils entreprennent de mettre leur plan d’éliminer Sin définitivement à exécution. Alors, le groupe s’introduit dans Sin en entrant dans sa gueule. Ils trouvent au cœur de la créature Jecht, l’Ultime Chimère de Braska et l’élimine ; accomplissant ainsi son souhait. Le père et le fils peuvent se dire au revoir en paix. Pour affaiblir Yu Yevon, Yuna lui sacrifie ses chimères qu’il possède les unes après les autres avant de ne plus avoir de corps pour se cacher. Alors, le groupe s’attaque directement à Yu Yevon et celui-ci détruit, Sin peut mourir sans jamais renaître. Avec Yu Yevon mort, plus personne n’est là pour invoquer la Zanarkand rêvée à travers les priands et ces derniers peuvent reposer en paix et laisser le rêve s’évanouir. Vient alors pour Tidus le temps des adieux.
Et pourtant… Et pourtant, après le générique de fin de jeu, une courte scène s’ouvre sur des furolucioles. Puis, on découvre Tidus recroquevillé sur lui-même au fond de l’eau. Il s’étire et remonte à la surface et… c’est tout ! Tidus aurait-il survécu à la destruction du rêve ? Après tout, it's his story, c’est lui le narrateur de l’histoire jusqu’au bout alors comment nous la raconte-t-il s’il n’existe plus ? Final Fantasy X-2 se charge de répondre à cette question plus ou moins clairement mais lorsque l’on découvre cette courte scène bonus après le générique, on ne pense qu’à la possibilité pour que Tidus et Yuna se retrouvent et qu'ils nous rejouent la scène de Macalania !
Et pour les avoir parcourus à l’arrivée de Tidus sur l’île de Besaid, nous en connaissons les fonds marins et il se pourrait bien que le décor dans lequel se réveille Tidus leur ressemble... Mon frère en tous cas n'en a jamais douté !