Les histoires ont toujours fait et feront toujours partie de nos vies. Qu'elles soient racontées sur des écrans ou sur des pages, elles permettent l'évasion car elles font appel à ce que nous avons de plus précieux... l'imagination.
Bilbo
Prochainement
- "Don't be alone, Doctor" : les femmes de Doctor Who
- Penny Dreadful : une nouvelle ligue de héros extraordinaires
- Tolkien et les forêts de la Terre du Milieu
- Les gentlemen en tous genres (ou pas) des sœurs Brontë
- Field of Dreams : des rêves et des hommes
- Une touche de Jane Eyre et une pincée des Hauts de Hurlevent dans la recette du Jardin Secret
- Les héroïnes en tous genres de Jane Austen
NB : Le référencement des illustrations est en cours... mais ça risque de prendre un peu de temps !
Dans Pretty Woman, il n'est pas question d'une princesse transformée en servante mais d'une prostituée de Hollywood Boulevard. Un soir, elle monte dans une Lotus Esprit pour guider Edward jusqu'à son hôtel en échange de quelques billets. Mais, ne pouvant résister à la pretty woman, celui-ci l'invite à monter et à passer la nuit avec lui. Mais, le lendemain, c'est pour toute la semaine qu'il l'invite à rester. Vivian n'a jamais vécu dans tant de luxe, Edward l'emmène dans des magasins hors de prix, il l'emmène à l'opéra et même à un dîner d'affaires.
Au cours de cette semaine, ils se rapprochent, se confient et Vivian raconte à Edward comment lorsqu'elle était petite, sa mère la punissait quand elle faisait des bêtises. Alors, enfermée dans sa chambre, elle s'imagine être une princesse enfermée dans une tour dont un prince viendrait la délivrer. Comme dans la plus pure tradition du conte, le prince extrait la jeune fille - princesse ou pas - de sa condition pour lui offrir une meilleure vie. Dans Pretty Woman, c'est bien grâce à sa rencontre avec Edward que Vivian s'en sort. Cependant, elle se sauve toute seule. Arrêter de se prostituer est un choix qui, s'il lui est permis grâce à l'intervention d'Edward, est bien le sien. C'est elle qui décide de reprendre sa vie en main et envisage de reprendre des études pour s'en sortir. Cette option, elle l'a grâce à l'argent d'Edward mais on nous montre bien qu'il n'y a pas que ça... En effet, Edward lui propose un arrangement qu'elle refuse car il ne changerait pas sa condition, le seul changement serait, comme elle le présente : "un détail géographique" et Vivian veut plus, elle veut vivre un conte de fées. Et si son prince ne peut lui offrir ce qu'elle attend alors elle se débrouillera sans lui.
Vivian n'est donc pas tout à fait une princesse passive qu'il faut secourir. D'ailleurs, elle aussi sauve son prince. En effet, grâce à elle, Edward s'enferme moins dans le travail, il prend le temps de vivre et de profiter. Grâce à leurs échanges, il réalise qu'il "aime bien Mr Morse" et qu'il n'a pas envie de détruire son entreprise. Alors, à la place, il s'associe à lui pour relancer l'entreprise, changeant ainsi complètement la ligne d'action de sa société.
Le prince charmant
Pretty Woman donne au prince l'apparence d'un homme d'affaires qui réussit à merveille dans sa vie professionnelle mais cela au détriment de sa vie personnelle. Sa rencontre avec Vivian va alors bouleverser sa vie. Elle est tout ce qu'il n'est pas : spontanée, enthousiaste et, peu à peu, elle va déteindre sur lui. Edward va prendre plus de temps pour vivre, pour lui. Et alors, le romantique à l'intérieur d'Edward va se réveiller et il propose à Vivian de la prendre en charge - de l'installer dans un appartement à ses frais pour qu'elle n'aie plus à faire le trottoir. Mais, on l'a dit, si c'est un grand pas pour lui, pour elle il s'agit d'un détail géographique et elle attend plus d'Edward. Pour qu'il puisse le lui offrir, cependant, il lui faudra encore faire un bout de chemin.
Ces derniers pas c'est dans une limousine blanche qui fait office de vaillant destrier qu'Edward les effectue. Armé d'un bouquet de fleurs et d'un parapluie, il grimpe à la tour par l'issue de secours pour retrouver sa belle. Une chose est sûre, Vivian le transforme et lui redonne goût aux plaisirs simples de la vie. Lui qui au début ne boit pas, mange trois fois rien et passe ses nuits à travailler va emmener Vivian faire du shopping, assister à un match de polo et à un opéra. Il va même passer toute une journée à ne rien faire ! Peu à peu, son avocat s'inquiète. Il ne reconnaît plus Edward et quand celui-ci décide d'aider Mr Morse plutôt que de le couler, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase.
L'ogre pervers
Dans le rôle du méchant, Phil Stuckey, l'avocat d'Edward qui l'assiste dans toutes les transactions de l'entreprise. Aux côtés d'Edward, Phil a l'habitude d'avoir tout ce qu'il veut ; les entreprises en difficultés rendent les armes devant eux et ça lui plaît. Quand Edward se rend compte de qui est réellement Phil, il le dit lui-même : "Ce que tu aimes c'est la mise à mort ! Pas moi ! J'ai fait de toi un homme riche à millions te faisant faire ce que tu aimes faire !"
Et, puisqu'on l'a habitué à obtenir ce qu'il veut, Stuckey est prêt à le prendre de force si on ne le lui donne pas. A plusieurs reprises, il fait des avances à Vivian et quand il est rejeté encore une fois, il se jette sur elle bien décidé à se servir. Heureusement, Edward arrive à temps et le jette dehors.
La fée marraine
Si Vivian est une Cendrillon moderne elle doit donc avoir une bonne fée, une marraine pour veiller sur elle. On retrouve ce rôle dans le personnage de Bernard Thompson, le directeur de l'hôtel où loge Edward.
C'est lui qui donne la bonne adresse à Vivian pour qu'elle trouve une robe de soirée et se transforme en princesse ! Et c'est lui qui lui apprend avec quel couvert on mange une salade -- car on n'utilise pas la même fourchette pour la viande, le poisson ou la salade !
Prête à repartir, Vivian le remercie et il lui offre de prendre la limousine plutôt que d'appeler un taxi - un véritable carrosse pour Vivian ! Il tend le bras, fait un geste et -- Salagadoo la magica boo et bobbidi bobbide boo ! -- c'est comme un coup de baguette magique !
CET ARTICLE PREND EN COMPTE TOUTE LA SÉRIE JUSQU’À L’ÉPISODE 2x15
Lisez ce post jusqu'au bout
et vous aurez une récompense... -S
A pour Alison
Commencée en 2010, Pretty Little Liars nous entraîne dans le monde de Rosewood, petite ville de Pennsylvanie en apparence tout ce qu'il y a de plus paisible... Quand la série commence, nous faisons la connaissance de cinq amies : Alison, Aria, Spencer, Hanna et Emily. Toute les cinq passent une soirée tranquille entre amies dans une petite grange où elles s'endorment après avoir passé une bonne partie de la nuit à discuter. Le lendemain matin, tout bascule... Alison a disparu.
Ce n'est qu'un an après que nous reprenons le cours de leurs vies. Un an durant lequel Aria a vécu en Islande pendant le congé sabbatique de son père et un an durant lequel aucune piste concernant la disparition d'Alison n'a abouti...
Quand Aria retrouve ses anciennes amies, nous comprenons que toutes ont pris des chemins différents depuis la disparition d'Alison. Mais tout ça va changer alors qu'elles reçoivent de mystérieux messages signés"-A". Leur imagination s'emballe. Se pourrait-il qu'Alison soit en vie et se cache quelques part ?
Cette hypothèse ne survivra pas au premier épisode durant lequel le corps d'Alison est retrouvé. Et pourtant... et pourtant, après les funérailles auxquelles Aria, Emily, Hanna et Spencer assistent côte à côte, leurs téléphones sonnent...
"I'm still here, bitches.
And I know everything. -A"
A pour anonyme
A en croire les premiers messages envoyés individuellement, A ne pourrait être qu'Alison car l'auteur anonyme sait des choses que seule Alison pouvait savoir. Et malgré ce message qui dit : "I'm still here", Alison a bel et bien été enterrée. Se pourrait-il qu'il y ait eu une erreur ? Cela paraît peu probable. Quoi qu'il en soit, les messages vont continuer à arriver, toujours aussi mystérieux, toujours avec ce ton qui caractérise si bien Alison - ton avec lequel nous avons pu nous familiariser grâce à des flash-backs où Alison apparaît.
Plus inquiétant, les messages de A sont très précis et surtout, ils sont immédiats. Qui que soit cette personne, elle semble avoir l’œil sur les quatre filles à chaque fois que quelque chose se passe. On se sent observé à toute heure du jour et de la nuit et cette dimension de voyeurisme est très angoissante. D'autant plus que A se montre bien souvent cruel(le).
Et s'il ne s'agit pas d'Alison, alors de qui ? Surtout que le personnage d'Alison aimait les petits jeux et avait un côté très dominateur, façon chef de meute ou reine des abeilles ! Mais pour quelles raisons pourrait-elle vouloir du mal à Emily, Spencer, Hanna et Aria ? Qui pourrait leur en vouloir ? Il y a bien quelqu'un... et son retour à Rosewood semble le confirmer. Jenna.
Aveugle depuis un "accident" dont les quatre filles, menées par Alison, sont à l'origine, Jenna pourrait avoir des souhaits de vengeance. Son frère par alliance, Toby, pourrait lui aussi en avoir après elles puisqu'il a endossé la responsabilité de l'explosion sous le chantage d'Alison. D'autres suspects font leur entrée, si bien qu'on reste dans le flou. On obtient des réponses, certes. Mais elles ne font que nous amener d'autres questions !
A la fois ami et ennemi, A guide les filles vers le meurtrier d'Alison et elles en arrivent donc à différencier A et le meurtrier, cherchant activement à démasquer le second - mais aussi le premier ! Cependant, le rebondissement inattendu de la fin de première saison amène de nouvelles questions qui se développent dans la deuxième. Et si A et meurtrier d'Alison n'étaient qu'une seule et même personne ?
A pour amitié
Pretty Little Liars ce n'est pas que le mystère entourant la disparition et la mort d'Alison, c'est aussi l'histoire de quatre amies qui se sont perdues après un drame et qui se retrouvent autour d'un autre - et du mystère inquiétant de l'identité de A.
Aria, Emily, Hanna et Spencer réapprennent peu à peu à se faire confiance et commencent à nouveau à se confier leurs secrets et leurs peines. Elles ne sont plus réunies seulement par le poids de l'incident Jenna ou l'apparition de A dans leur vie. Elles sont unies par une amitié vraie, totale et profonde - d'autant plus mise en relief par les dangers qu'elles courent et qui les confrontent trop souvent à la peur de perdre l'une d'entre elles.
Et pourtant A va s'employer à les séparer à plusieurs reprises en menaçant par exemple Hanna, et Emily plus tard, si elle ne révèle pas à la mère d'Aria que celle-ci entretient une relation amoureuse avec son professeur d'anglais... Diviser pour mieux régner, telle semble être sa devise mais A n'arrivera pas à ses fins si facilement... Malgré les faiblesses qu'elles laissent paraître, les fissures dans les carapaces, les filles sont là les unes pour les autres. Elles se sont déjà perdues une fois et il n'est pas question de recommencer, surtout avec tout ce à quoi elles sont confrontées. L'arrivée de A dans leur vie les a forcément rapprochées puisqu'elles ne pouvaient se confier à personne d'autre. A aime faire souffrir, traiter les gens comme des marionnettes et on dirait bien que ce corbeau a voulu reformer le groupe des quatre filles afin de pouvoir jouer avec avant de passer à la mise à mort mais, paradoxalement, c'est grâce à cette personne qui tente de les séparer qu'elles restent soudées.
On trouve différents types d'amitié dans la série car les filles ne se sont pas complètement renfermées sur leur groupe. Hanna, par exemple, a formé un duo avec Mona après la disparition d'Alison. Comme elle avant qu'Alison ne la prenne sous son aile, Mona faisait partie de ceux qu'on ne regarde pas. Elle est devenue une peste et n'a pas oublié ce qu'elle a pu endurer avant d'atteindre les sommets. Et elle est prête à tout pour conserver cette place y compris torturé ceux qui, comme elle auparavant, font partie des délaissés. Lucas en est l'exemple type. Il a subi bien des insultes de la part d'Alison qui le surnommait Hermy, rapport à sa condition hermaphrodite - fausse rumeur qu'elle a lancé sans se préoccuper de Lucas et de ses sentiments. Lui, comme Mona, pourrait avoir des désirs de vengeance mais Hanna, qui n'est pas devenue comme son mentor, sympathise avec Lucas alors qu'ils s'occupent tous deux du fameux year book. Le problème c'est que Lucas semble peu à peu s'enticher d'Hanna alors qu'elle ne voit en lui qu'un ami. A va s'empresser de s'introduire dans cette brèche et oblige Hanna a torturé Lucas en le laissant espérer plus qu'elle ne lui donnera jamais.
Dans la série, l'amitié pose aussi la question de la confiance. Mais comment faire quand A vous suit à chaque pas ? Comment savoir si une nouvelle amitié est sincère et non une excuse pour se rapprocher de vous avant de vous faire du mal ? Emily va très tôt se retrouver confrontée à ce problème puisqu'elle se retrouve dans l'obligation de partager sa table avec Toby en cours de chimie. Une image très twilightienne qui, avec l'expression énigmatique de Toby, ne manque pas de faire sourire ! Toby est LE personnage inquiétant de ce début de saison. "Frère" de Jenna et bouc émissaire d'Alison, il a de bonnes excuses pour en vouloir aux filles. Pourtant, durant ces cours de sciences, il se révèle amusant et beaucoup plus léger que son visage souvent fermé ne le laisse paraître.Bien vite, Emily sympathise avec Toby, mais elle garde ça pour elle, craignant la réaction de ses amies qui voient en lui une menace potentielle. Ils vont même tous les deux au bal du lycée et, avant d'entrer, Toby tente de persuader Emily d'aller ailleurs, dans une endroit plus calme. Il finit par la convaincre de le suivre dans leur salle de science - il a besoin de lui parler. Seulement, son attitude effraie Emily qui doute alors de ses véritables intentions - est-ce que leur amitié n'était qu'un prétexte pour lui faire du mal ? Que ce soit le cas ou non, c'est en tous cas ce qu'on veut nous faire croire. Emily blessée, Toby s'enfuit après l'avoir déposée aux urgences - encore une chose étrange car s'il voulait lui faire du mal ou l'éliminer, pourquoi l'emmener à l'hôpital ? Les choses s'éclaircissent à son retour mais la question demeure : peut-on faire confiance à Toby ? Les filles décident que oui. Spencer la première puisque, comme Toby avant elle, elle est victime de plusieurs coups montés visant à la faire accuser du meurtre d'Alison. Menant l'enquête tous les deux pour démasquer le véritable coupable, Toby et Spencer se rapprochent. Elle qui était la plus soupçonneuse à son égard, Miss j'ai toujours raison, va devoir réviser son jugement !
La saison 2 va poser une nouvelle question. Dans le bien ou le mal, jusqu'où l'amitié peut-elle vous conduire ? Aux vues du trio Jason, Ian, Garett et de leurs activités douteuses : loin ! Jusqu'au harcèlement et au chantage ? Jusqu'au meurtre ? Peut être bien...
A pour ados
Ados pour deux raisons : parce que c'est une série pour ados (mais pas seulement !) et avec des ados et que cela forme deux autres pans importants de la série - les dimensions romantique et familiale.
En dehors des relations entre les quatre héroïnes, on retrouve certains codes de la série pour ados - comme c'est le cas avec The Vampire Diaries(cf. "The Vampire Diaries, une série qui nous fait aimer les méchants !"). La série fait en effet la part belle aux relations amoureuses des quatre filles avec ce que cela entraîne de conséquences dans leurs vies, dans leurs rapports avec A et aussi dans leurs familles. Chacune rencontre des soucis dans sa vie amoureuse et la série montre la façon dont elles appréhendent ces problèmes et comment ils les font évoluer.
Aria, par exemple, revient à Rosewood après un an d'absence et rencontre Ezra Fitz au pub. C'est une sorte de coup de foudre, c'est immédiat, irrépressible. Aria est sur un petit nuage mais elle va vite en redescendre quand le jour de la rentrée elle se rend compte qu'Ezra est son nouveau professeur d'anglais...
Du côté de chez Emily le problème est tout autre. Image de la fille parfaite dans l'esprit de ses parents, Emily n'ose leur avouer - ni à elle-même - sa vraie nature. Sa rencontre avec Maya va pourtant changer la donne. Emily ne peut continuer à se voiler la face, Maya le lui fait comprendre... alors Emily finit par révéler à ses parents qu'elle est gay et pour eux, c'est toute une image qui se brise - mais ce n'était rien de plus... une image.
Pour Spencer, il semblerait que l'histoire se répète. Alors que sa sœur Melissa rentre à la maison pour présenter son fiancé à sa famille, il semblerait que Spencer ne soit pas insensible au charme de Wren... et lui non plus. Ce n'est pas la première fois que ce cas de figure se présente puisque le premier message que reçoit Spencer est : "Poor Spencer. Always wants Melissa's boyfriends. But remember... if you kiss, I tell! -A" On apprendra en effet que Spencer avait embrassé Ian, le petit ami de Melissa, l'été précédent.
Quant à Hanna, il semblerait qu'elle se cherche encore. La première fois que nous la retrouvons après la disparition d'Alison, elle vole des lunettes de soleil dans un magasin avec Mona, son amie post-Alison. Malgré son ascension dans la jet-set du lycée, il semblerait qu'Hanna n'ait pas confiance en elle. Les attaques incessantes de A ont donc bien vite raison de son histoire avec Sean, le fils du révérend - gentil mais relativement immature. En revanche, sa rencontre avec Caleb va lui donner l'occasion de montrer ce dont elle est capable et combien elle peut se montrer généreuse.
Pretty Little Liars - je l'ai dit - c'est aussi des histoires de familles. Et là encore, chacune y trouve son compte ! Fille unique de parents divorcés, Hanna a une relation fusionnelle avec sa mère mais les choses sont plus compliquées avec son père puisque c'est lui qui est parti et qu'elle se sent abandonnée. Et cela ne s'arrange pas quand celui-ci lui annonce qu'il compte se remarier.
On l'aura compris, Emily n'a pas une relation honnête avec ses parents puisqu'ils ont d'elle une image qui ne correspond pas à la personne qu'elle est vraiment. Pendant longtemps, elle a tout fait pour correspondre à cette image mais les choses vont changer avec l'arrivée de Maya d'abord et le retour de Toby ensuite
Spencer, elle, a grandi dans une famille élitiste ou la compétition est un mode de vie et gagner la seule éventualité envisageable - et avec le sentiment de devoir toujours faire au moins aussi bien que sa sœur aînée, Melissa. Elles entretiennent des rapports conflictuels et il semble qu'elles soient incapables de communiquer.
Chez Aria, les soucis sont multiples. Avant leur départ pour l'Islande, elle avait surpris son père alors qu'il embrassait l'une de ses étudiantes de l'université. Aria n'avait rien dit à sa mère, pensant la protéger, mais elle s'est mise dans une situation délicate et ses relations avec son père, qui sait ce qu'elle a vu, ne sont plus les mêmes.Quand sa mère l'apprend - par A - c'est toute la maison qui est chamboulée. Et puis, quand finalement les choses semblent s'arranger, c'est son frère Mike qui rencontre des problèmes. Il se met à voler en entrant par effraction dans les maisons et il plonge peu à peu dans une profonde dépression... Et puis, il y a toujours le problème Ezra car il est certain que leur relation ne serait pas vue d'un bon œil - ce qui se confirme quand Ezra décide de dire la vérité aux parents d'Aria...
A pour accro
Pour faire court, c'est une série qui rend facilement accro ! Avec ces personnalités très différentes, on se prend rapidement d'affection pour ses quatre filles en proie au doute et à une angoisse constante. On veut savoir qui les manipule ainsi et pourquoi ? Vengeance, jeu, sadisme ? Il me reste une saison à finir et une autre à commencer ! Et il y a fort à parier qu'il y en aura d'autres !
L'histoire de Severus Snape est celle d'un personnage torturé et ça depuis l'enfance. Un personnage tiraillé entre l'envie de faire souffrir, comme il a souffert, et l'envie d'aimer. Par le biais d'une prophétie, c'est le destin qui le poussera à faire ce choix.
Professeur 'Snivellus' Snape, victime et bourreau
Le professeur Severus Snape nous est présenté lors du premier
festin auquel assiste Harry. Assis parmi les professeurs à la table qui
leur est réservé, Snape se fait remarquer parce que notre petit héros
ressent une douleur à sa cicatrice lorsque leurs regards se croisent.
Harry a alors une sensation étrange, comme si cet homme qu'il n'a jamais
vu auparavant ne l'aimait pas.
"Professor Quirrell, in his absurd turban, was talking to a teacher with greasy black hair, a hooked nose and sallow skin. It happened very suddenly. The hook-nosed teacher looked past Quirrell's turban straight into Harry's eyes - and a sharp, hot pain shot across the scar on Harry's forehead. 'Ouch!' Harry clapped a hand to his head. 'What is it?' asked Percy. 'N - nothing.' The pain had gone very quickly as it had come. Harder to shake off was the feeling Harry had got from the teacher's look - a feeling that he didn't like Harry at all."
Mais Harry a tort : "Snape didn't
dislike Harry - he hated him." Le premier cours de potions marque
le début d'une longue histoire d'inimitié : "The Potions lesson turned out to be the worst thing that had happened to him so far." Pendant toute sa scolarité,
Snape sera la bête noire de Harry. Il est d'ailleurs souvent comparé à
une chauve-souris par J.K. Rowling dans ses descriptions - à tel point
que beaucoup l'ont soupçonné d'être un vampire ! "swooping around like an over-grown bat" (PS), "like a large and malevolent bat" (CS) et "looking as much as an over-grown bat as ever." (HBP) Et, s'il ne vide pas
ses élèves de leur sang, il les prive certainement de leur confiance en
eux... Son souffre-douleur favori - hormis Harry - est Neville qui perd
tous ses moyens en cours de potions et finit immanquablement par être à
l'origine d'une catastrophe : "Neville had somehow managed to melt Seamus's cauldron into a twisted blob and their potion was seeping across the stone floor, burning holes in people's shoes."
Directeur de la maison Serpentard, rien ne plait plus à Snape que retirer des points aux autres maisons et en particulier aux Gryffondor. Et, il se montre tout sauf juste dans ce domaine. Il parcourt les couloirs et les élèves fuient sur son passage mais une fois dans le cachot où il fait cours, ils ne peuvent plus échapper à ses remarques acerbes.
Toutes ces caractéristiques sont déjà fort déplaisantes mais la rancune qu'il semble nourrir à l'égard d'Harry n'arrange pas son cas ! Le but ultime de Snape, semble-t-il, est de le faire renvoyer. Dès le début de La Chambre des Secrets, il l'en menace après son arrivée dans la Ford Anglia volante du père de Ron.
"'Hang on...' Harry muttered to Ron. 'There's an empty chair at the staff table... Where's Snape?' Professor Snape was Harry's least favourite teacher. Harry also happened to be Snape's least favourite student. Cruel, sarcastic and disliked by everybody except the students from his own house (Slytherin), Snape taught Potions. 'Maybe he's ill!' said Ron hopefully. 'Maybe he's left,' said Harry, 'because he missed out on the Defence Against the Dark Arts job again!' 'Or he might have been sacked!' said Ron enthusiastically. 'I mean, everyone hates him -' 'Or maybe,' said a very cold voice right behind them, 'he's waiting to hear why you two didn't arrive on the school train.' Harry spun around. There, his black robes rippling in a cold breeze, stood Severus Snape."
Il essaye de nouveau de le coincer dans Le Prisonnier d'Azkaban quand il soupçonne Harry - à juste titre - de se rendre à Pré-au-Lard sans autorisation. Les choses ne s'arrangent pas dans L'Ordre du Phénix quand Snape est chargé de donner des leçons d'Occlumencie à Harry. Alors en tête-à-tête, les langues se délient et bien des choses sont révélées, à la fois sur Snape et sur James, le père d'Harry à qui il est sensé tant ressembler...
Durant ces leçons d'Occlumencie, Snape va en effet être révélé sous un jour totalement différent. En tentant de se défendre contre les assauts de Snape, Harry arrive à pénétrer dans son esprit et il y découvre un petit garçon terrorisé : "Harry's mind was teeming with memories that were not his: a hook-nosed man was shouting at a cowering woman, while a small dark-haired boy cried in a corner..." Puis, pendant l'absence de Snape, il plonge dans la Pensine et y découvre le pire souvenir du professeur. Et si James y prend la place d'Harry, alors on peut dire qu'entre lui et Snape, les rôles sont inversés... le bourreau devient victime et la victime devient bourreau. Quand il voit ce souvenir, le monde d'Harry, toutes ses certitudes basculent. Ce qu'il voit n'est autre que Snape torturé par James et Sirius - son père et son parrain. Alors qu'on le compare si souvent à son père, en voyant ce souvenir, Harry ne peut que s'identifier au professeur tant détesté ayant lui-même été la victime de Dudley et de son gang de trop nombreuses fois. James et Sirius font de Severus Snape - qu'ils appellent Snivellus - la risée de l'école en lui jetant un sortilège qui le suspend en l'air la tête en bas et menacent de montrer son caleçon à tout le monde, ce qu'ils finissent par faire. Snape sera finalement secouru par l'intervention de Lily, la mère d'Harry. Mais, si l'on se prend de pitié pour lui devant cette scène, il ne gagne pas notre affection puisqu'il remercie Lily en disant qu'il n'a pas besoin de l'aide d'une Sang-de-Bourbe. Cette scène nous rappelle un premier indice quant à la relation qu'ont pu entretenir Snape et le groupe des Maraudeurs. Dans The Prisoner of Azkaban, Snape tente de forcer la Carte du Maraudeur a révélé ses secrets mais tout ce qu'il récolte sont des insultes :
"'Mr Moony presents his compliments to Professor Snape, and begs him to keep his abnormally large nose out of other people's business.' [...] 'Mr Prongs agrees with Mr Moony, and would like to add that Professor Snape is an ugly git.' [...] 'Mr Padfoot would like to register his astonishment that an idiot like that ever became a Professor.' [...] 'Mr Wormtail bids Professor Snape good day, and advises him to wash his hair, the slimeball.'"
Est-ce donc là la raison de l'attitude de Snape envers Harry ? Est-ce une vengeance bête et méchante de ce qu'il a subit aux mains de James ? Cela ne ferait que le rendre plus méprisable mais Snape n'est pas seulement un élève victime et un professeur bourreau, il cache encore bien des facettes de sa personnalité.
Le Prince de Sang-Mêlé (rise of the Death Eater)
Une autre facette que l'on découvre assez rapidement est celle du Mangemort. Dans La Coupe de Feu, Poudlard organise le Tournoi des Trois Sorciers et reçoit les écoles de Beauxbâtons et Durmstrang. Assez tôt dans le roman, Harry apprend que le directeur de Durmstrang, Igor Karkaroff, était un Mangemort. Mais ce qui est intéressant, c'est surtout qu'il semble connaître Snape. Il n'en faut pas plus à Ron et Harry pour tirer des conclusions. Et Harry, avec la curiosité qu'on lui connaît, va découvrir le fin mot de l'histoire en découvrant la Pensine de Dumbledore. Dans les souvenirs de celui-ci, il y a un procès durant lequel Karkaroff, emprisonné pour avoir été Mangemort, tente de marchander sa liberté contre d'autres noms. Parmi eux, celui de Snape. Cependant, Dumbledore prend la défense de Snape en révélant qu'il a effectivement été un Mangemort mais qu'il a changé de camp avant la chute de Voldemort : "'I have given evidence already on this matter,' he said calmly. 'Severus Snape was indeed a Death Eater. However, he rejoined our side before Lord Voldemort's downfall and turned spy for us, at great personal risk. He is now no more a Death Eater than I am.'"
Snape a donc bel et bien été un Mangemort. Mais ce n'est pas le seul masque derrière lequel il se soit caché. Il a aussi été le Prince de Sang-Mêlé. Cette autre identité nous n'en prenons connaissance, comme Harry, que dans le sixième roman Le Prince de Sang-Mêlé, quand il se voit donner un livre de potions d'occasion. Snape est maintenant professeur de Défense contre les forces du mal après avoir laissé son poste de maître des potions à Horace Slughorn. Quand Harry ouvre son livre, il lit qu'il est la propriété du Prince de Sang-Mêlé. Les pages sont recouvertes de griffonnages comprenant des indications pour la réalisation des potions. Harry se risque à les suivre et devient vite le meilleur de la classe - meilleur même qu'Hermione !
Si le Prince était doué en potions, ce n'est pas pour cette raison qu'il n'était pas intéressé par autre chose. Bien vite, Harry trouve également des sorts inscrits sur les pages. Parmi eux 'Muffliato!' qui lui permet de ne pas être entendu lorsqu'il parle en classe avec Ron et Hermione. Si ce sort, ainsi que les indications pour les potions, sont inoffensifs, la donne change avec 'Levicorpus!'. Ce sort, Harry l'a déjà vu à l’œuvre dans le pire souvenir de Snape, c'est le sort que son père utilise pour suspendre Snape en l'air. Si ce sort n'est pas à proprement parlé dangereux, il n'est pas pour autant amical. On en a eu la preuve dans L'Ordre du Phénix quand James l'utilise pour tourmenter Snape. Cela conduit d'ailleurs Harry à soupçonner son père d'être le mystérieux Prince, mais James était de sang pur. De toute façon, le troisième sort qu'il découvre dans le livre refroidit nettement son admiration pour le Prince. 'Sectumsempra!', il est précisé, est pour les ennemis. Seulement, quand Harry lance ce sort à Malefoy, il n'aurait jamais imaginé quelque chose d'aussi violent : "Blood spurted from Malfoy's face and chest as though he had been slashed with an invisible sword." C'est Snape qui les trouve et qui répare les dégâts. Ça et le fait qu'Harry soit devenu le meilleur en potions le rend soupçonneux. Ce qui devrait nous rendre soupçonneux aussi car le dénominateur commun est le livre du Prince de Sang-Mêlé. Comment Snape le connaitrait-il ? La réponse, Harry l'obtient à la fin du roman quand Snape lui révèle être le Prince. Hermione trouve quelques informations qui vont dans ce sens. Elle avait déjà soupçonné une certaine Eileen Prince de se cacher derrière ce personnage. Hors il se trouve qu'Eileen Prince n'est autre que la mère de Snape. Quand à son père, Tobias, il était moldu. Snape est donc bien le Prince de Sang-Mêlé. Hermione s'est toujours montrée suspicieuse du livre. Et en effet, le fait qu'il se soit attribué le titre de prince l'apparentait à Tom Riddle qui s'est renommé Lord Voldemort, s'attribuant ainsi un titre de noblesse et rejetant par la même occasion le nom de son père moldu. De même Snape met en avant le nom de sa mère - la sorcière - plutôt que celui de son père - le moldu - tout en s'attribuant le titre de prince, mais ça Harry ne le réalise qu'à la fin : "he's just like Voldemort. Pure-blood mother, Muggle father... ashamed of his parentage, trying to make himself an impressive new name - Lord Voldemort - the Half-Blood Prince - how could Dumbledore have missed - ?"
Quand on sait que Snape a été un Mangemort, ces nouveaux éléments semblent confirmer son allégeance à Voldemort. D'autant plus qu'il révèle être le Prince après avoir tué Dumbledore. Mais, pour autant, le portrait de Severus Snape n'est pas complet...
Mangemort et bras droit de Dumbledore
Depuis La Coupe de Feu nous avons la confirmation que Snape a bien été un Mangemort. En plus de cela, on nous murmure à la fin que Snape pourrait bien avoir repris son rôle d'espion dans les rangs de Voldemort après le retour de celui-ci : "'Severus,' said Dumbledore, turning to Snape, 'you know what I must ask you to do. If you are ready... if you are prepared...'" Depuis la scène de la Pensine, il est parfaitement clair que Dumbledore a confiance en Snape puisqu'il prend sa défense devant le tribunal. Harry ne comprend pas cette confiance absolue. Le début de L'Ordre du Phénix nous apprend que Snape fait partie de l'Ordre, l'organisation qui lutte contre Voldemort et son opinion de Snape ne peut lui permettre d'envisager que Snape soit de leur côté. A tel point que lorsque Snape lui donne des leçons d'Occlumencie, Harry ne peut s'empêcher de le soupçonner de vouloir l'affaiblir pour rendre l'incursion dans son esprit plus facile à Voldemort. Cela n'aide pas qu'il soit refusé à Harry tout contact avec Dumbledore puisqu'il rumine ses soupçons sans personne pour le raisonner, hormis peut être Hermione. Et, puisqu'Harry est le prisme par lequel on suit l'histoire, il en va de même pour le lecteur. Cependant, quand Harry a cette vision de Sirius aux mains de Voldemort, et qu'il n'a plus d'autres choix, il choisit tout de même de tenter sa chance avec Snape : "He's got Padfoot at the place where it's hidden." Quand l'opération de sauvetage échoue, Harry blâme Snape mais Dumbledore lui révèle que Snape a prévenu les membres de l'Ordre dès la mise en garde d'Harry. Pour autant, ses doutes ne disparaissent pas, au contraire... Et J.K. Rowling ne fait rien pour atténuer ceux du lecteur au début du Prince de Sang-Mêlé. Le deuxième chapitre est en effet dédié à Snape recevant chez lui la Mangemort Bellatrix Lestrange et sa sœur Narcissa Malefoy, épouse de Lucius. Celle-ci vient le supplier de protéger son fils fraîchement promu Mangemort et à la tête d'une mission primordiale pour Voldemort. Bellatrix y voit là une chance de tester Snape car elle n'a pas confiance en son allégeance. Elle lui demande de faire le Serment Inviolable, qui donne la mort à celui qui ne tient pas parole. Mais Snape accepte, jurant de protéger Drago et d'accomplir sa tâche à sa place s'il devait échouer.
Harry lui n'assiste pas pas à cette scène mais d'autres éléments viennent nourrir ses soupçons. Des éléments qui le persuadent que Malefoy a remplacé son père parmi les Mangemorts. En tant que directeur de Serpentard, Snape a toujours été proche de Malefoy qui était considéré comme son chouchou. Pourtant leur relation semble différente cette année-là et l'attitude de Malefoy aussi. Lui qui pavane d'habitude dans les couloirs de Poudlard devient discret et taciturne. Les soupçons d'Harry sont confirmés quand il surprend un échange entre les deux personnages lors de la soirée de Noël donnée par Slughorn. Malefoy parle de la mission que lui a confiée Voldemort - sans en révéler la nature - et demande à Snape de se tenir à l'écart de ses plans: "You want to steal my glory!" l'accuse-t-il.
Dans Le Prince de Sang-Mêlé, Harry est très proche de Dumbledore avec qui il étudie le passé de Voldemort. Alors il fait ce qu'il ne pouvait pas faire dans le roman précédent, il confie au directeur ses soupçons, à la fois concernant Snape et concernant Malefoy. Mais Dumbledore lui répond inlassablement qu'il a confiance en Snape. Même quand Harry le confronte au fait qu'il ait appris que Snape fut celui qui avait répété la prophétie à Voldemort, le directeur répond que Snape a changé de camp avant la fin et qu'il lui fait confiance. Mais il n'en révèlera pas la raison car, comme il le lui a dit dans La Coupe de Feu : "That [la raison de sa confiance], Harry, is a matter between Professor Snape and myself."
Harry n'est pas convaincu mais il fait confiance à son professeur. Et pourtant, la fin du Prince de Sang-Mêlé vient tout bouleverser. Affaibli par leur chasse à l'Horcruxe, Dumbledore demande à Harry d'aller chercher Snape : "I need Severus." Seulement, avant qu'il puisse, Malefoy arrive pour tuer Dumbledore - sa mission. Harry, paralysé et dissimulé sous sa cape d'invisibilité, ne peu intervenir. Malefoy a le vénérable professeur, le seul que Voldemort ait jamais craint, à sa merci et pourtant il n'agit pas. C'est Snape qui va intervenir et tuer Dumbledore : "Snape gazed for a moment at Dumbledore, and there was revulsion and hatred etched in the harsh lines of his face." Cet acte confirme tous les soupçons d'Harry. Il n'a maintenant plus aucun doute sur la véritable allégeance de Snape - il est avec Voldemort. Le lecteur, lui, garde tout de même un doute... En effet, si Dumbledore n'en a pas révélé la raison à Harry, sa confiance en Snape était totale et elle a forcément une origine, elle ne peut être aveugle. De plus, il ne faut pas oublier que Snape a déjà été soupçonné, à tort, d'être le mauvais puisque dans The Philosopher's Stone, tout porte à croire qu'il est le méchant et qu'il a même tenté de tuer Harry alors que la vérité est toute autre : "There was already someone there - but it wasn't Snape. It wasn't even Voldemort. [...] It was Quirrell." Les apparences peuvent être trompeuses...
Héros de l'ombre
Après l'assassinat de Dumbledore, Snape est présenté au début des Reliques de la Mort comme le bras droit de Voldemort, son homme de confiance. Maintenant qu'il a infiltré le Ministère et éliminé Dumbledore, Voldemort à la main mise sur le monde des sorciers et c'est tout naturellement qu'il nomme Snape directeur de Poudlard. Ces évènements, Harry les apprend de loin puisqu'il ne retourne pas à l'école dans ce septième roman mais part à la chasse aux Horcruxes. Snape est donc maintenant quelqu'un de puissant et Harry rage de l'imaginer dans le bureau de Dumbledore. Selon lui, c'est une place qu'il ne mérite pas... Et pourtant, bien qu'il ne l'apprenne qu'à la fin, la position de Snape dans le bureau de Dumbledore a une incidence non négligeable sur sa quête. En effet, alors qu'Harry, Ron et Hermione ont trouvé un Horcruxe, ils n'ont aucun moyen de le détruire. Mais, une nuit alors qu'il prend son tour de garde, Harry aperçoit un Patronus, une biche argentée. Celle-ci le guide jusqu'à l'épée de Gryffondor avec laquelle il va pouvoir détruire l'Horcruxe.
Cet ultime roman qui dépeint Snape comme le premier homme de Voldemort est celui qui va tout faire basculer. J.K. Rowling attend les tous derniers chapitres pour enfin nous révéler la vérité sur Severus Snape. Après l'avoir vu aux côtés de Voldemort dans le premier chapitre, nous le retrouvons à la tête de Poudlard demandant aux élèves de lui livrer Harry Potter. Il est donc toujours présenté comme l'homme de Voldemort. Et pourtant lorsqu'on assiste à un entretien entre les deux hommes, Voldemort tue celui qu'il croit être son plus fidèle serviteur sans la moindre hésitation. Voldemort ne tolère pas qu'on lui soit infidèle mais il ne se sent pas tenu aux même obligations envers ses Mangemorts. Ainsi, puisqu'il pense que Snape est maître de la baguette de sureau, il l'élimine croyant changer son allégeance. Après le départ de Voldemort, Harry est là pour recueillir les derniers mots de l'homme qu'il hait le plus au monde. Plus que des mots, Snape lui confie ses souvenirs : "Look... at... me..." l'implore-t-il.
"The Prince's Tale" nous dévoile un petit sorcier qui rencontre une petite sorcière née de parents moldus - Severus Snape et Lily Evans. Tous les deux deviennent amis et rêvent ensemble du jour où ils découvriront Poudlard. Quand le jour tant attendu arrive enfin, Severus s'en va à Serpentard et Lily est envoyée à Gryffondor aux côtés des futurs Maraudeurs - James et Sirius. S'ils demeurent amis malgré l'animosité héréditaire entre les deux maisons, les années qui passent finissent tout de même par les séparer. L'amertume de Severus le conduit à adopter les convictions de Serpentard et de son groupe montant de Mangemorts. Son amertume et le sentiment de rejet qui l'habite grandissent avec les mauvais traitements qu'il subit de la part des Maraudeurs. Harry revoit cette scène mais sous un angle différent puisque les mots "Sang-de-Bourbe" dans la bouche de Severus marque sa rupture avec Lily. Puisqu'il ne peut avoir Lily, Snape s'enrôle au service de Voldemort mais, quand il lui répète la prophétie et qu'il comprend que Voldemort y voit une menace dans le fils de Lily, Severus, désespéré, se tourne vers Dumbledore pour qu'il protège les Potter. A partir de là, Snape a trahi Voldemort, il n'est plus un Mangemort. Il devient définitivement l'homme de Dumbledore après la mort de Lily, jurant de protéger Harry - à condition que jamais personne ne sache : "My word, Severus, that I shall never reveal the best of you ? [...] If you insist." On comprend alors l'animosité de Snape envers Harry. Il voit en lui la cause de la mort de son amour. Et voir les yeux de Lily dans le visage de James le lui rappelle chaque jour de façon aiguisée. Malgré tout, il tient parole et protège Harry. On voit aussi que le meurtre de Dumbledore a été prémédité entre eux. On voit qu'après sa mort, Snape poursuit son oeuvre en aidant Harry à faire tomber Voldemort. C'est lui qui lui a envoyé la biche argentée pour lui montrer où était caché l'épée. Une biche... comme le Patronus de Lily - parce qu'il n'a jamais cessé de l'aimer :
"From the tip of his wand burst the silver doe: she landed on the office floor, bounded once across the office and soared out of the window. Dumbledore watched her fly away, and as her silvery glow faded he turned back to Snape, and his eyes were full of tears. 'After all this time ?' 'Always,' said Snape."
"Look at me..." Le regarder et enfin voir qui il est vraiment. Mais aussi le regarder et lui permettre de voir, une dernière fois, les yeux de Lily. Snape ne voulait pas que, comme Dumbledore le présente, qu'il : "reveal the best of [him]." C'est ce chapitre qui s'en charge auprès du lecteur et Harry qui s'en charge lors de sa confrontation avec Voldemort. Dans "The Flaw in the Plan", il rétablit la réputation de Snape devant tous, révélant enfin sa véritable allégeance : "Snape was Dumbledore's, Dumbledore's from the moment you started hunting down my mother. And you never realised, because of the thing you can't understand." Voldemort ne l'a jamais compris parce qu'il ne connait pas l'amour, n'y croit pas. Snape l'a éprouvé et en cela, il est proche d'Harry parce que l'amour qui l'habite est ce qui fait sa force. C'est la plus grande force qui existe dans le monde créé par J.K. Rowling. C'est sa présence ou non dans le coeur des personnages qui fait basculer l'histoire [cf. "Harry Potter, 'The Boy Who Lived'... And Loved"] et c'est son absence dans celui de Voldemort qui cause sa chute. L'amour de Lily est celui qui est le plus marquant dans l'histoire mais celui que Snape éprouve pour elle est tout aussi important que celui qu'elle donne à son fils. C'est cet amour, l'amour de Lily qui les sauve tous les deux. Alors, Harry rend un ultime hommage à Severus Snape en prénommant son fils - le seul de ses enfants à avoir les yeux de Lily - Albus Severus. Celui-ci a peur d'être envoyé à Serpentard mais Harry le rassure : "Albus Severus, [...] you were named for two headmasters of Hogwarts. One of them was a Slytherin and he was probably the bravest man I ever knew."
Malgré les apparences, Snape n'est pas le méchant de l'histoire, il en est l'un des héros. Celui de l'ombre. De l'ombre derrière la lumière de Dumbledore d'abord et celle d'Harry ensuite. De l'ombre parce que ses actes restent secrets jusqu'à la fin mais aussi à cause de son côté anti-héros. En effet, sa position reste discutable car s'il n'y avait pas eu Lily, si ça n'avait pas été pour elle, Snape n'aurait pas protégé Harry et peut être n'aurait-il jamais quitté les rangs de Voldemort, peut être aurait-il choisi la facilité plutôt que le bien. Mais il y a eu Lily. Et il l'a aimée jusqu'à son dernier souffle. Cela a motivé ses actions et fait de lui, non pas quelqu'un de meilleur, mais a révélé tout ce qu'il y avait de bon en lui. Et pour tout ça, il est l'un des personnages les plus marquants, les plus poignants de la saga Harry Potter. Il tient une place à part dans nos cœurs à cause de cette complexité, de cette ambiguïté qui le caractérise et, surtout, à cause de ses multiples facettes, dont la plus belle - et la plus vraie - n'est révélée qu'au tout dernier moment. Enfin ce héros de l'ombre est dans la lumière et il le sera pour toujours puisqu'il est mort en œuvrant pour le bien, motivé par un amour plus fort que la mort, plus fort que tout.
Le récit du prince, vu par David Yates
Références citées : ROWLING, J.K. Harry Potter and the Philosopher's Stone ROWLING, J.K. Harry Potter and the Chamber of Secrets ROWLING, J.K. Harry Potter and the Prisoner of Azkaban ROWLING, J.K. Harry Potter and the Goblet of Fire ROWLING, J.K. Harry Potter and the Order of the Phoenix ROWLING, J.K. Harry Potter and the Half-Blood Prince ROWLING, J.K. Harry Potter and the Deathly Hallows Les images qui illustrent cet article son des fan arts recueillis à l'aide de Google. Très peu portent une signature et je ne peux en identifier les auteurs.