Bilbo

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NB : Le référencement des illustrations est en cours... mais ça risque de prendre un peu de temps !

The translation of some articles into English is in progress and will soon be available.

samedi 11 avril 2015

Cendrillon trouve chaussure à son pied

Alors que Maléfique (cf. "Maléfique au Bois Dormant") était une réinterprétation du conte de la Belle au Bois Dormant, Cendrillon raconte la même histoire que le dessin animé, ou presque - à vraiment peu de choses près. Pourquoi donc aller le voir ? Pour passer un bon moment, pour redécouvrir ce dessin animé, ce conte, en film. Parce que "les rêves qui sommeillent dans nos cœurs, au creux de la nuit, habillent nos chagrins de bonheur dans le doux secret de l'oubli" ...
 

"Have courage and be kind"
Le dessin animé ne nous donnait qu'un très bref aperçu de l'enfance de Cendrillon : la disparition de son père après son remariage, la sournoiserie de la marâtre annoncée et hop on entre dans le vif du sujet ! Le film prend un peu plus son temps et on nous présente même la mère de Cendrillon -ou devrais-je dire Ella (Javotte et Anastasie construisent le surnom Cinderella en anglais à partir de cinder, la cendre, et Ella, son prénom). Tout va bien dans le meilleur des mondes mais alors qu'on sourit devant leur bonheur, on a déjà envie de pleurer parce qu'on sait que ça ne va pas durer.
Quand elle tombe malade, la mère d'Ella lui confie un secret pour l'aider à traverser toutes les épreuves : être courageuse et bienveillante. Ella appliquera donc toujours ce conseil et cela devient sa force car malgré toute la méchanceté dont peuvent faire preuve sa belle-mère et ses deux filles qui la relèguent peu à peu au statut de servante, elles n'arriveront jamais à la briser comme elles le souhaiteraient.
Je dois souligner que cela ne fait pas pour autant d'Ella un personnage niais. Elle est profondément gentille, certes, comme on le voit dans ses relations avec les animaux, ses voisines les souris et le cerf pris en chasse qu'elle croise dans les bois, mais niaise non. Quand tout devient noir, elle trouve de la force dans cette promesse qu'elle a faite à sa mère. Quand, proche du dénouement, la marâtre lui propose un marché -la laisser retrouver le prince en échange d'une place de choix au palais pour régenter le royaume- Ella préfère sacrifier ses chances de bonheur avec le prince plutôt que de le laisser tomber entre les griffes de cette femme et quand la marâtre ose déclarer être sa mère, la réponse d'Ella est sans équivoque : "Vous n'avez jamais été et ne serez jamais ma mère". Elle trouve tout de même la force de la pardonner : elle ne gâchera pas sa vie à ressasser le passé, elle tourne définitivement la page et elle pourra être heureuse, contrairement à Madame Tremaine.
Parfois, Ella est à la limite du burn out mais elle tient le coup parce qu'elle est chez elle, dans la maison de ses parents, et que c'est un réconfort en soi. Sa bonté fait sa force parce que, même si elle est consciente de l'injustice de sa situation, elle sait que d'autres sont encore moins chanceux. C'est pourquoi, quand anéantie par le comportement de sa marâtre pour l'empêcher d'aller au bal, elle se reprend pour venir en aide à la vieille dame qui lui demande un verre de lait et qui s'avère n'être autre que sa marraine la bonne fée.

Au douzième coup de minuit
Helena Bonham Carter fait une drôle de fée, bien différente de celle au capuchon bleu qui vient en aide à notre héroïne dans le dessin animé. Elle n'a pas toujours l'air de savoir ce qu'elle fait mais elle se démène pour qu'Ella aille au bal avec un empressement tout maternel.
Quelques bibidi bobidi boo bien placés et c'est parti ! La magie est superbement réalisée : la transformation de la citrouille en carrosse, des souris en chevaux qui gardent leurs oreilles rondes pendant un temps ! C'est peut-être encore plus impressionnant lors du retour à la réalité quand Ella, assise dans son carrosse, commence à se retrouver entourée de pépins !
Mais la magie ne se retrouve pas que dans la magie, elle est présente dans tout le film, dans l'intemporalité de ce conte. Dans les décors de la maison et du jardin qui apparaissent comme un véritable petit paradis sur Terre plein de couleurs. Dans les costumes qui sont le miroir des personnages. La fée irradie de lumière, la marâtre donne dans le grandiose, ses filles dans le ridicule recouvertes qu'elles sont de fanfreluches identiques. Et Ella... Ella resplendit même dans sa toute simple robe bleue du début qui finit par devenir sa robe de souillon. Et la robe de bal...

S'il n'y avait qu'une seule raison à donner pour aller voir le film, ça pourrait presque être celle-là : aussi simple que les robes des sœurs sont bariolées, aussi grandiose que les autres sont ridicules, c'est l'équilibre parfait et les couleurs sont magnifiques. Et je préfère ne pas me lancer sur la robe de mariée... J'émets en revanche un petit bémol sur les pantoufles de verre qui ont plutôt l'air d'être taillées dans du diamant -du cristal Swarovski, en fait- ce qui leur donne un côté un peu trop épais.

Kenneth Branagh, réalisateur Shakespearien
Vous le connaissez peut-être comme le professeur Gilderoy Lockhart mais Kenneth Branagh est aussi un réalisateur avec à son actif quelques adaptations des pièces de William Shakespeare. Il y a deux choses très importantes à cette histoire sur lesquelles il attire subtilement l'attention : les chaussures et la valse ! Au début du film, alors qu'elle attend des nouvelles de sa mère, c'est sur un plan des petites ballerines bleues d'Ella que s'ouvre la scène. Avant cela, quand elle grimpe sur les pieds de son père, puis, plus tard, quand elle s'apprête à grimper dans le carrosse.
On annonce ce qui va se passer avec les pantoufles de verre : elles sont la clé pour le happy ever after de Ella et du prince. Il la lui passe déjà au pied quand elle la perd lors du bal en faisant de la balançoire, prélude à la scène finale -parce que là le prince se déplace lui-même ce qui est tout de même une amélioration par rapport à celui du dessin animé qui ne quitte pas le château ! D'ailleurs de manière générale, le prince est plus présent. On voit aussi son histoire et dans cette version, lui aussi est sur le point de perdre son père, ce qui rapproche les deux personnages. Plus qu'un coup de foudre, c'est la rencontre de deux personnes qui sont sur la même longueur d'onde et qui s'en intriguent.
En ce qui concerne la valse. Dès le début elle est présente car lorsqu'il rentre de voyage, Ella danse avec son père dans la cour. Puis, quand elle s'échappe un instant de la maison à cheval pour s'éloigner de la marâtre et de ses filles, elle rencontre le prince et toute la scène est filmée comme une danse.
 
Chacun sur son cheval, ils se tournent autour et la caméra tourne autour d'eux, principe repris lors de la scène du bal, si bien qu'ils semblent déjà être en train de danser. Et, vient le moment du bal et de la valse mythique, jusqu'à ce que sonnent les douze coups de minuit et qu'Ella prenne la fuite avec la caméra qui la suit en un mouvement de balancier comme celui d'une horloge tic... toc... !
Une histoire qu'on connaît par cœur mais bien réalisée. L'émotion est là, alors c'est réussi. Ella "Cendrillon" et le prince "Kit" sont attachants, et Cate Blanchett glaçante en marâtre - en même temps une dame si sophistiquée qui appelle son chat Lucifer, c'est déjà louche. Mais Kenneth Branagh se concentre aussi sur elle. Elle est filmée à quelques reprises alors qu'elle est seule et l'on devine ce qui se passe dans sa tête, même si cela n'excuse en rien ses actes.
Alors évidemment, si on est pas conte de fées ou Disney, ce n'est certainement pas la peine parce que c'est ce que c'est : du Disney. C'est la raison pour laquelle j'aime d'ailleurs ! -"Voir le monde non pas comme il est mais comme il pourrait être" dit la narratrice et ça fait du bien de s'en rappeler de temps en temps : une petite bouffée d'oxygène- Mais c'est bien ce qu'est ce film : un remake du dessin animé et non une nouvelle adaptation du conte de Perrault, et encore moins de la version des frères Grimm ! Mais si c'est ce qu'on préfère, les livres sont toujours là et ne demandent qu'à être ouverts ! 

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